Après avoir été placé en détention provisoire le 3 mars 2023, Nathan B., 24 ans, principal suspect dans l'assassinat de Leslie Hoorelkeke et Kevin Trompat, vient de retrouver sa liberté.Libéré sous contrôle judiciaire, il attend désormais son procès prévu pour le début de l'année prochaine. Mais pourquoi cette décision surprenante ? Selon la procureure générale de la cour d'appel de Poitiers, la libération du suspect est le résultat d'un vice de procédure. Une information confirmée par nos confrères de BFM TV qui précisent qu'"une convocation chez le juge n'aurait pas été envoyée à la bonne adresse mail".
Un vice de procédure au coeur de l'affaire
"Un débat a eu lieu devant le juge des libertés et de la détention le 21 février pour décider du renouvellement du mandat de dépôt de mon client", a indiqué Me Orane Quénot, l'avocate de Nathan B.
Et de poursuivre : "Or, je n’ai pas reçu de convocation et je n’ai donc pas pu y participer. Cette erreur administrative que j’ai soulevée et plaidée ce mardi a entraîné la nullité de ce renouvellement. Depuis le 3 mars, date anniversaire de son mandat de dépôt, Nathan B. était donc détenu de manière irrégulière. Ceci entraîne sa libération immédiate dès ce mardi 18 mars".
Suite à cette erreur, l'avocate a donc saisi la cour d'appel de Poitiers, qui a annulé la prolongation de la détention provisoire et ordonné sa remise en liberté.
Les proches de Leslie en colère
Furieux, les proches de Leslie ont alors exprimé leur indignation au micro de RMC. "C'est même plus de la colère, c'est de la rage. C'est incompréhensible que ça se passe comme ça", a confié le père de la jeune femme.
Et la belle-mère de cette dernière d'ajouter : "ll a avoué avoir fracassé la tête de Kévin avec une massette, c'est le genre de personne qui est dehors. On laisse des assassins dans la rue et tout est normal".
Contacté par l'AFP, Me Lionel Béthune de Moro, avocat du père et de la belle-mère de Leslie, n'a pas caché son incompréhension : "La justice poitevine ne prend pas le temps d'entendre la famille de Leslie (...) mais laisse filer l'un des auteurs présumés de ce crime particulièrement sordide". Selon les informations de La Nouvelle République, Nathan B. aurait été libéré sous "un contrôle judiciaire strict". Il n'aurait pas l'autorisation de quitter la Charente-Maritime et serait aussi dans l'obligation de pointer quotidiennement à la gendarmerie.