Affaire Bétharram : les confidences glaçantes de Frédéric Beigbeder

il y a 3 semaines 3

Tandis que l'affaire Bétharram refait surface dans les médias, Frédéric Beigbeder sort un livre "Un homme seul". Il y évoque, lui aussi, les violences en pensionnat. Un sujet qu'il a voulu explorer pour mieux comprendre son père, Jean-Michel Beigbeder, mort en 2023. Ce 10 mars 2025 sur BFMTV, il décrit un homme "silencieux, frileux, obèse, incapable de dire son amour, son affection, complètement claquemuré". Et d'ajouter : "assez égoïste, et assez jouisseur, obsédé par le confort, le luxe et la séduction".

L'autre affaire Bétharram

Le père de Frédéric Beigbeder est originaire du Béarn, il a été scolarisé dans un pensionnat militaire catholique, l'abbaye-école de Sorèze. Et puis, ensuite, chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg. Une enfance qui l'a "endurci à vie" dit-il.

Après la publication de son livre, en janvier 2025, Frédéric Beigbeder confie ce lundi à Apolline de Malherbe qu'il a reçu de nombreux témoignages d'anciens. Et ils sont glaçants. Il explique : "Un ancien élève raconte qu'il a été tabassé par le directeur, qui s'appelait Fabre qui est mort. À genoux, il le frappait avec pieds, poings et des livres sur la tempe".

Et d'expliquer qu'à Solèze, les pensionnaires étaient "tabassés aussi pendant la nuit, parce que les élèves se frappaient entre eux. On encourageait des règlements de compte entre les camarades. Et donc le danger venait beaucoup des camarades de classe pendant la nuit".

Les témoignages glaçants

Si l'écrivain en parle aujourd'hui, c'est pour comprendre toute la génération de son père, sacrifiée par de telles méthodes éducatives. L'école en question a fermé et les faits sont prescrits, mais ce qui intéresse Frédéric Beigbeder, ce sont les hommes qui y ont survécu.

Il évoque notamment le cas de Stéphane. Il rapporte son témoignage : "Toutes les nuits, là, il a 53 ans, il est sur le qui vive. Si sa femme le frôle, il est capable d'être violent. Parce qu'en fait, il ne pouvait pas dormir sans menace. Les dortoirs, c'est les dortoirs avec 50 élèves, où on était séparés que par une cloison. La cloison n'allait pas jusqu'au plafond, donc les élèves passaient par-dessus pour se sauter dessus pendant la nuit, et se tabasser".

On lui a également raconté que, pendant la nuit : "Les surveillants les mettaient parfois au garde à vous la nuit, entre 2 et 4 heures du matin, debout en caleçon, pieds nus, sous la pluie pendant 2 heures. Certains s'évanouissaient, vous imaginez, c'étaient des enfants".

Frédéric Beigbeder ajoute : "Tout le temps des punitions collectives ou individuelles. Il y avait un cachot à Sorèze, ça, c'est attesté, ça se visite. Il y avait ce qu'on appelle le séquestre, où on mettait un enfant seul, pendant 12-24 heures, dans le froid avec juste une buche collée par terre pour s'asseoir".

Frédéric Beigbeder veut comprendre d'où vient la masculinité toxique

À l'heure où déferle la vague MeToo, Frédéric Beigbeder apporte une nouvelle dimension au débat. Il pense que "c'est générationnel et c'est intéressant de comprendre d'où vient la masculiné toxique". Et de demander : "d'où vient cette souffrance des hommes ?" Parce que l'écrivain l'a déduit de ses recherches sur son propre père : "plusieurs générations d'hommes ont été traumatisées au 20ème siècle, détruites par leur enfance, et on le paye aujourd'hui en fait".

"Il y avait un cachot à Sorèze": Frédéric Beigbeder raconte l'enfance de son père dans un pensionnat du Tarn pic.twitter.com/dEZ91rbLGJ

— BFMTV (@BFMTV) March 10, 2025
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